«Tayoucha », un one woman de Nesrine Belhadj

De l’humour, de la verve, de la dérision

La salle Hadj Omar du Théâtre national algérien (TNA) a abrité, samedi 13 mars 2021, dans l’après-midi, dans le cadre de la 14ème édition du festival national du théâtre professionnel (FNTP), « Tayoucha », un one woman show présenté par Nesrine Belhadj.

Écrite et mise en scène par Nesrine Belhadj, la pièce, un monodrame, est l’histoire de Tayoucha, une sans domicile fixe (SDF), qui occupe un abribus délaissé par les voyageurs. Une occasion pour elle d’avoir un «toit». Les responsables de la localité, ayant appris que l’arrêt de bus est squatté, ont voulu le récupérer, aux dépens de cette femme, qui est là depuis des années.  La comédienne raconte, à travers son personnage, et ce, avec beaucoup d’humour, de dérision et d’une verve très appréciée du public, la misérable vie de Tayoucha, ses mésaventures et, surtout, le regard dénigreur, méprisant et hypocrite que la société pose sur elle.  Après avoir travaillé comme une bonne aux services d’une vieille dame riche et seule, elle devient, par la suite, une « kiassa » (masseuse) dans un hammam (bain maure) durant les heures réservées aux femmes, où elle voit  passer toute sorte de catégories de femmes, qui passent leur temps à s’adonner aux commérages.

Ni tabous ni lignes rouges

Tout au long du déroulement de la pièce, Nesrine Belhadj évoque la condition de la femme, ses souffrances, ses déboires et son infortune, et à travers son personnage qui ne connaît ni tabous, ni lignes rouges, un personnage attachant et sincère, égale à lui-même, la comédienne a, sur un ton malicieux et ironique, égratigné la société, ses tics et ses défauts.  Merci Après avoir perdu l’abribus qui lui sert de domicile, Tayoucha entend une voix l’invitant à prendre la mer, une embarcation aux côtés des haraga, mais elle préfère rester dans son beau pays. Car pour elle, « c’est à nous de changer le système ». « Mettons la main dans la main et nous réussirons ». Pour illustrer son choix de rester en Algérie, Tayoucha a porté, à la fin du spectacle, l’emblème national sur la poitrine.

Un regard féminin

La pièce, spontanée et savoureuse, a régalé le public ; séduit par les mimiques, la gestuelle, la dégaine de la comédienne, il a salué longuement le spectacle.   Selon Nesrine Belhadj, « Tayoucha » est « une plongée dans le monde des sans-abri, à travers un regard féminin qui focalise sur la femme SDF, exposée à toutes formes de danger ».  Nesrine Belhadj, diplômée de l’Institut supérieur des métiers des arts, du spectacle et de l’audiovisuel, avait déjà connu un succès retentissant avec un premier spectacle intitulé « Fatma », écrit par le regretté M’hamed Benguettaf.

Yacine Idjer 

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