Le spectacle, “Ez’Zaouèche” (le moineau) “Quand le mensonge prend l’ascenseur”

La pièce de théâtre “Ez-Zaouèche” (le moineau), une tragi-comédie traitant du mensonge et ses ravages sur l’individu et la société, a été présentée mardi 16 mars 2021, en compétition du 14e Festival national du théâtre professionnel (Fntp).  Produite par le Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), la pièce est mise en scène par Kamel Yaïche sur une adaptation de “Le Bösendorfer”, une œuvre du dramaturge hongrois Ferenc Karinthy.

D’une durée de 80 mn, “Ez’Zaouèche” raconte le désarroi d’un comédien contraint à la retraite, vivant seul avec ses personnages qui l’habitent encore, et la détresse d’une vieille femme mélancolique et solitaire, se retrouvant sans ressources après la disparition de tous les siens. Refusant son statut d’artiste vivant mal le crépuscule imposé à sa carrière, le comédien, incarné par Brahim Chergui, va tomber sur une annonce faisant état de la mise en vente d’un piano de marque “Bösendorfer”, signe extérieur d’aisance et de confort, que la vieille femme solitaire, interprétée par Rania Serouti, a passé sur les pages d’un journal local.

Personnages fictifs

Comme un oiseau de mauvaise augure, le comédien usurpateur décide alors d’appeler la vieille dame au téléphone, simulant le ton de différents personnages fictifs prétendants à l’achat de l’instrument, en usant de ses talents d’imitateur de voix, aux timbres et aux intonations multiples. Harcelant la pauvre dame usée par le chagrin et la solitude, le comédien va enchaîner mensonges et fausses promesses, faisant vivre à sa victime, le plus grand des supplices, dont il rendait fièrement compte chaque fois qu’il l’intensifiait, à un être imaginaire, hiérarchiquement supérieur suggéré par un cache-poussière et un képi accrochés dans le coin de la scène à un porte manteaux en bois à plusieurs branches.

Atmosphère mélancolique

Sur une scène séparée horizontalement par un voile transparent, les comédiens ont évolué dans un “avant” et un “arrière” scène, équipés d’un décor minimaliste fait d’un siège en cuir, d’une petite table et d’un porte manteau pour l’espace réservé au comédien imposteur, et pour celui occupé par la vieille dame, d’un piano couvert par un drap blanc et de plusieurs caisses en cartons éparpillées dans des atmosphères sombres et mélancoliques suggérant la détresse et le tourment. Œuvre de Mokhtar Mouffok, l’éclairage neutre, horizontal ou latéral, parfois vif au milieu de la pénombre, a été concluant, contribuant au renforcement de la sémantique de chacune des situations alimentant la trame. La bande son, aux extraits de grandes œuvres, choisis pour agrémenter différents états d’âme, était également d’un apport certain au spectacle, à l’instar de “Mister Georgina”, un tango interprété par Léo Ferré ou encore la “sérénade” de Franz Schubert.  Le public a bien accueilli le spectacle. “Quand le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier et finit toujours par arriver”, a réagi une femme, reprenant un vieil adage.

Z.C

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