Abdelghani Chentouf. Metteur en scène et scénographe

“On est content de renouer avec la scène”

Abdelghani Chentouf est metteur en scène et scénographe de la pièce « Kiyass ou Labess » de la coopérative Rocher Noir de Boumerdes, jouée, lundi 15 mars 2021, au Théâtre d’Alger-centre (ex-Casino),  en hors-compétition, dans le cadre de la 14ème édition du Festival national du théâtre professionnel.

Parlez-nous de votre spectacle

Ce spectacle a déjà été présenté en 2019, au Théâtre national algérien(TNA). Mais avec le confinement, tout a été arrêté, et les programmations des représentations prévues ont été suspendues. Mais avec le retour de la 14ème édition du Festival national du théâtre professionnel, on est content de renouer avec la scène et de retrouver le public. Le spectacle revit et reprend sa place sur les planches parmi tant d’autres pièces.

Que pouvons-nous dire de Fouzi Bayet qui a, d’ailleurs, brillamment illustré le texte sur scène ?

C’est un ancien comédien. C’est un professionnel des planches et un connaisseur du métier. Il a déjà travaillé avec d’autres professionnels du 4e Art. Il a foulé les planches du Théâtre régional de Bejaia. Il a donc une longue expérience de la pratique théâtrale. Il remplit la scène de sa présence et à laquelle il donne de la prestance et du charisme. Il sait comment donner au personnage qu’il campe de l’expression, du tempérament, de la personnalité ; avec son personnage qu’il interprète avec justesse, il réussit, à chaque fois, à composer la scène et à faire de son jeu une performance probante et convaincante. C’est ce qui a d’ailleurs justifié mon choix pour lui attribuer le rôle. J’ai senti en lui cette capacité de pouvoir exploiter le texte et de souligner avec force toute sa dramaturgie.

Pourquoi la personne d’un kiyass (masseur de bain) et pas une autre?

Il faut savoir qu’il y a eu une réécriture du texte, une adaptation scénique de celui-ci. Dans le texte originel, l’auteur, Ahmed Rezak, situe l’action dans la chambre, alors que moi j’ai préféré faire sortir El Ayachi, le personnage, et l’emmener au hammam et faire dérouler l’action dans un lieu qui réfère au métier de ce dernier. C’est un choix artistique et aussi esthétique, puisque toute la scénographie est construite autour de tous les éléments qui se rapportent au métier de kiyass et informent le public sur sa condition sociale. Elle est un complément au texte et met en avant le jeu du comédien. D’autre part, c’est pour m’ouvrir plus et davantage aux moyens que nécessite la mise en scène, la rendre plus parlante et significative, et également pour donner au public plus d’images, plus de visuels. Et aussi pour que le but du texte soit clair.

Nous pouvons constater que le personnage d’El Ayachi a une ressemblance avec celui d’Omar Gatlatou du film de Merzak Allouache.

C’est possible. C’est vrai qu’El Ayachi est tombé amoureux dès le premier regard. L’amour de loin existe et c’est une caractéristique de l’Algérien. A ce niveau-là, on peut dire qu’El Ayachi nous rappelle Omar Guetlatou, mais pas seulement. Il nous rappelle ce jeune algérien qui, dès qu’il voit une jeune fille, en est éperdument amoureux et qui n’ose pas, par timidité, aller lui parler et lui dire ce qu’il ressent pour elle.

Yacine Idjer

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