La pièce « Sin Nni » : “Dis-leur que l’exil me soulage de tout”

La coopérative de théâtre Machahu de Tizi-Ouzou a présenté en hors compétition, ce Mercredi 17 Mars 2021,  la pièce « Sin Nni » (ces deux là) en hommage à Mohia, à la faveur du 14e Festival National du Théâtre Professionnel (FNTP).

Cette adaptation par Mohia de « Les émigrés » de l’écrivain polonais Slawomir Mrozek, la pièce « Sin nni », interprétée par un duo de comédiens de la  coopérative théâtrale Machahu d’Iferhounen (Aïn El Hammam), relate l’histoire de deux migrants cohabitant dans une cave, dans une banlieue parisienne.
L’un est un intellectuel, qui s’est consacré à ses études et qui envisage d’écrire un livre, tandis que son hôte, un travailleur illettré, cache son argent dans un ours en peluche, et vit dans le rêve qu’un jour il retournera chez lui, où il a laissé sa femme et son enfant, et envisage de construire une grande et belle maison dans le village. Cela se passe durant les vacances du Nouvel An. Le travailler  achète une boîte de conserves pour chiens et chats pour se nourrir.

Du café picoré par la perdrix

L’immigrant lettré, qui s’est avéré être un réfugié politique, lui révèle que c’est de la nourriture pour animaux et non destinée aux humains avec des preuves de belles images sur la boîte qui représentent des animaux de compagnie, mais ce dernier ne veut rien comprendre et rappelle à son ami : «Dis-moi alors, le café La Perdrix que nous achetions chez nous en Kabylie, est-ce qu’il est destiné pour être picoré par la perdrix ?». Les événements évoluent et révèlent l’impossibilité de vivre ensemble en raison de la différence de personnalité. L’hôte de l’intellectuel va plus loin en disant  à son colocataire :  «pourquoi il n’y a pas de mouches dans ce bled, comme celles qui, chez nous, faisaient de la musique, sitôt prises aux pièges aux couleurs de miel (ces rouleaux à colle) suspendus aux plafonds de nos maisons ? Tu te souviens, non ?».

Parler aux mouches

Ainsi, l’intellectuel, en colère, détruit les billets cachés dans l’ours de son ami, destinée probablement pour la construction d’une mosquée au village, alors que l’autre en fit autant du cahier, projet de livre entamé déjà au pays natal, dont son colocataire soupçonnait d’y être dénoncé, en cas de publication, comme quoi «il faisait la prière et consommait de l’alcool en même temps et qu’il ne sait parler que de mouches et leurs variables musiques». Le spectacle se termine avec les deux jeunes hommes debout sur deux chaises, prêts à se suicider. Le migrant analphabète dit, avec une corde autour du cou, « dis-leur que l’exil me soulage de tout ». Le deuxième, dans la même position, crie : « Vive la liberté ». A l’arrière, on aperçoit une photo de Mohia et une voix en off lance « la situation est grave, mais pas désespérée… ».

F.D

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