Rencontre avec des metteurs en scène primés lors du FNTP

Y a-t-il une vie après une distinction ?

Le 14e Festival National du Théâtre Professionnel (FNTP) a organisé ce Mardi 16 Mars 2021, une rencontre avec des metteurs en scène primés lors du même Festival, qui ont laissé une empreinte dans le 6ème art.
Le critique et universitaire Lakhdar Mansouri, qui a animé la rencontre, a précisé que l’essence du métier théâtral est “la créativité”. “Cette essence n’est pas un modèle rigide et laisse une liberté à l’artiste, que ce soit en défiant des clichés ou en ouvrant une nouvelle voie, sans ignorer les bases théâtrales », a-t-il dit. « De nouvelles méthodes ont émergé grâce à la diligence présentée par les metteurs en scène algériens », a-t-il noté.
Le metteur en scène Chawki Bouzid, a affirmé, de son côté,  que « un prix dans un festival ne veut pas dire que vous êtes le meilleur, elle ne rajoute rien à la personne, mais plutôt on te récompense pour un certain travail accompli durant l’année ».

“Le jury ne détient pas toujours la vérité”

“Il y en aura toujours quelques-uns qui n’apprécient pas votre travail. Même le jury ne détient pas toujours la vérité, car il ne jugera pas ton travail sur les normes théâtrales, mais en te comparant aux autres troupes en compétition », a-t-il relevé. Et d’ajouter  : «  Avoir un prix ne fera pas de toi une personne plus intelligente, et ne changera rien à la créativité. On te félicite le jour même, pour ton travail et on t’oublie le lendemain ». Chawki Bouzid a suggéré au commissariat du festival de supprimer les prix dans les prochaines éditions, “car ils sont subjectifs”. « Durant les éditions précédentes, il y a eu des désastres concernant ces prix. Le couronnement de certains lauréats était totalement inacceptable », a-t-il affirmé.  Le metteur en scène a également suggéré au Commissaire du festival, Mohamed Yahiaoui,  de nommer un jury composé spécialement de critiques.

“Choisir un bon texte”

« Il est primordial que chaque travail soit construit sur l’honnêteté et sur la conscience professionnelle. Pour la réussite d’une pièce, il faut, avant tout, choisir  un bon texte et une bonne distribution. Le metteur en scène doit savoir comment transformer ce texte en papier à un spectacle qui captivera et procurera une bouffée d’oxygène au public”, a souligné le metteur en scène et directeur artistique du Théâtre National Algérien, Djamel Guermi.
« Un prix reste juste une motivation morale, qui peut être au final, une malédiction ou une bénédiction. Car certains lauréats se retrouvent enfermés dans leurs bulles de créativité et se perdent dans des labyrinthes », a-t-il ajouté. “Ce qui est le plus difficile est d’être à « la place d’un membre du jury, car quoi qu’il fasse, il est jugé. La composition d’un jury doit être équilibrée et comprend tous les domaines”, a estimé le critique et professeur de langue arabe Hamid Alaoui.

“Un paradoxe algérien”

« Les membres du jury se réunissent et débattent toute la nuit. Ils font face à un débat vraiment atroce, car chacun à son point de vue, ce qui génère des tensions, comme cela est le cas dans tous les pays du monde », a-t-il dit. « Nous sommes dans un paradoxe algérien. Beaucoup d’équipes se dispersent après avoir monté un spectacle réussi. Chaque théâtre doit avoir son équipe stable, avec un contrat d’une durée de cinq ans minimum », a proposé le metteur en scène Halim Zeddam.
A la fin de la rencontre, le commissaire du Festival Mohamed Yahiaoui, a apporté des précisions sur les suggestions de Chawki Bouzid, affirmant que «le prix est juste une motivation. “Certains metteurs en scène m’ont demandé d’annuler les prix, j’ai transféré leur demande à l’ancien ministre de la Culture Azzedine Mihoubi qu’il l’avait rejeté », a-t-il dit.

F.D

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